La Pocatière, le 5 mai 2026 – Le comité en santé psychologique de la Fédération de l’UPA du Bas‑Saint‑Laurent (FUPABSL) a tenu, le 30 avril dernier, une journée d’information et d’échanges à l’Hôtel Levesque de Rivière‑du‑Loup. Ouverte aux partenaires agroalimentaires, aux élus de la Fédération ainsi qu’aux organismes communautaires, cette journée visait à mieux faire connaître les services offerts aux producteurs vivant de la détresse psychologique, de même que les causes pouvant y contribuer.
Avec une trentaine de participants provenant de l’ensemble du Bas‑Saint‑Laurent et une dizaine de présentations proposées tout au long de la journée, le comité régional peut se dire satisfait de l’atteinte de ses objectifs. Sept organismes régionaux – le Centre de prévention du suicide de l’Est, C‑TA‑C, La Lueur du Bas‑Saint‑Laurent, Santé mentale Québec, La Bouffée d’air du KRTB, le Centre de prévention du suicide du KRTB et Trajectoires hommes du KRTB – ont pris part à l’exercice. Ces présentations avaient pour but d’outiller les représentants des organisations agroalimentaires du territoire quant aux services disponibles pour soutenir les producteurs en situation de détresse psychologique.
« Il existe une panoplie de services et d’organisations dédiés presque exclusivement au milieu agricole. Or, aussi bienveillants soient leurs représentants, ceux‑ci connaissent souvent peu les organismes communautaires du territoire pouvant venir en soutien aux producteurs en situation de détresse psychologique. Notre souhait était de briser ces silos afin que chacun soit mieux informé de ce qui existe et puisse référer adéquatement les producteurs qui en ont besoin », souligne Jessie Rioux, présidente du comité régional.
Des réalités à démystifier
En contrepartie, la clientèle agricole présente des particularités bien spécifiques : une surreprésentation masculine encore fortement influencée par le mythe de l’homme invincible, la confusion des sphères familiale et professionnelle, un isolement plus marqué que dans d’autres secteurs d’activité, ainsi qu’un milieu fortement soumis aux aléas climatiques et environnementaux. Ces réalités, parmi d’autres, exigent une approche adaptée que les intervenants des organismes communautaires de la région doivent bien comprendre afin d’orienter leurs interventions en conséquence.
Les présentations offertes par les deux travailleuses de rang de la région, ainsi que par les Agricultrices du Bas‑Saint‑Laurent, ont permis de mieux saisir ces enjeux particuliers, tout en sensibilisant les participants au travail invisible et à la charge mentale vécue par les productrices agricoles.
« Pour notre comité régional, le partage d’information réalisé dans le cadre de cette rencontre a clairement démontré la pertinence de tenir une telle journée. À l’issue de cet événement, l’ensemble des participants reconnaissaient être mieux outillés pour comprendre les causes de la détresse psychologique chez les producteurs et mieux connaître le réseau de soutien appelé à intervenir. Il nous revient maintenant d’entretenir ces liens, au bénéfice des producteurs agricoles de notre région », conclut Jessie Rioux.